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| Barack Obama va désormais "vendre" son plan afghan au Congrès |
| Actualités - Monde |
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Après avoir annoncé l'envoi en Afghanistan de 30.000 soldats supplémentaires d'ici l'été 2010 et un début de retrait un an plus tard, Barack Obama a délégué dès ce mercredi ses émissaires au Congrès pour persuader les élus américains du bien-fondé de sa stratégie afghane.
Et dans une téléconférence avec ses chefs d'unité, le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces alliées en Afghanistan, a mobilisé les troupes sur le terrain en estimant que l'arrivée prochaine de renforts allait "faire une énorme différence". Les alliés des Etats-Unis ont favorablement accueilli le discours du chef de la Maison banche, prononcé dans le cadre solennel de l'académie militaire de West Point, mais des interrogations demeurent quant à la volonté de certains pays européens de suivre l'exemple américain. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a dit s'attendre à ce que les autres pays de la coalition fournissent au moins 5.000 soldats supplémentaires, peut-être quelques milliers de plus. La Grande-Bretagne s'est engagée à fournir 500 soldats, et la Pologne devrait contribuer à hauteur de 600 hommes en plus. L'Italie a promis de répondre favorablement à la demande du président américain, mais n'a fourni ni chiffre, ni calendrier. La France, par la voix de Nicolas Sarkozy, a insisté sur la nécessaire "afghanisation" du conflit, en faisant de la formation des forces afghanes une priorité, mais n'a pas totalement fermé la porte à de nouveaux renforts. "Pour l'instant, aucune décision n'a été prise, ni dans un sens ni dans l'autre, on va voir comment la situation évolue", a déclaré Henri Guaino, conseiller spécial du président français. Le président afghan Hamid Karzaï, soumis à de fortes pressions de Washington pour améliorer sa gouvernance, a gardé le silence mais son ministre de la Défense a adopté un ton plutôt favorable. "Nous avons toujours voulu assumer la responsabilité du destin de notre pays", a déclaré le général Abdul Rahim Wardak, en ajoutant que le discours de Barack Obama allait précisément dans ce sens. "Nous avons simplement demandé à la communauté internationale de nous équiper rapidement, de nous former rapidement, afin que nous puissions exercer notre responsabilité historique", a-t-il dit. DEUX FRONTS AU CONGRÈS A Washington, le plan Obama devait être débattu mercredi et jeudi en commission dans les deux chambres du Congrès, qui ne peut s'opposer à l'envoi des troupes, mais doit approuver son financement, soit 30 milliards de dollars. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton, son collègue de la Défense, Robert Gates, et le chef d'état-major des forces US, l'amiral Mike Mullen, qui seront mis sur le gril par les élus, devront se battre sur deux fronts. Il leur faudra d'abord vaincre les réticences de l'aile gauche du Parti démocrate, qui craint de voir le conflit afghan tourner au bourbier vietnamien. Ils devront aussi affronter l'hostilité des Républicains qui, bien que favorables aux renforts, critiquent l'annonce par Obama, bien trop risquée à leurs yeux, d'un début de retrait en juillet 2011. Dans son adresse à son état-major, le général McChrystal a pris des accents churchilliens pour évoquer la nouvelle donne. Reprenant la formule utilisée par le vieux lion britannique en plein conflit mondial, en novembre 1942, il a jugé que le plan Obama représentait "la fin du début" du conflit afghan. "Au bout du compte, le succès de cette opération se scellera dans l'esprit du peuple afghan", a-t-il dit en soulignant que la formation des troupes afghanes devait désormais constituer "l'effort principal" des alliés. "Ce n'est pas le nombre de personnes que l'on tue qui importe, c'est le nombre de personnes que l'on convainc. C'est le nombre de personnes qui ne sont pas tuées. C'est le nombre d'enfants qui arrivent à aller à l'école", a ajouté le général McChrystal, qui avait réclamé 40.000 hommes de plus à Obama. Il a indiqué que "la grande majorité" des opérations de combat seraient désormais menées en commun par les forces alliées et afghanes, une stratégie anti-insurrectionnelle qu'interdisaient, selon lui, jusqu'à présent les effectifs des troupes afghanes. Au lyrisme du général McChrystal répondait comme en écho dans les rues de Kaboul le fatalisme des Afghans. "Même si toute l'Amérique vient ici, ils ne parviendront pas à stabiliser l'Afghanistan. Seuls les Afghans peuvent comprendre les traditions, la géographie et le mode de vie afghans", confiait Esmatullah, un jeune ouvrier du bâtiment. Source: Reuters
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